Qu'est-ce que l'épilepsie ?

L’épilepsie est un trouble neurologique qui touche tous les groupes d’âge. Elle prend place dans le système nerveux central, plus précisément dans le cerveau, et est caractérisée par des crises épileptiques spontanées et récurrentes. L’épilepsie est l’un des troubles neurologiques les plus courants. En effet, le Canada compte 300 000 personnes atteintes et nous en comptons  approximativement 50 millions dans le monde entier.

À savoir…

L’épilepsie n’est pas une maladie (elle ne peut pas être transmise d’une personne à l’autre) et il ne s’agit pas d’un trouble psychologique. De plus, souffrir d’une seule crise d’épilepsie ne signifie pas qu’une personne en soit atteinte : il est estimé qu’au moins une personne sur dix aura une crise d’épilepsie au cours de sa vie

Contrairement à ce que nous pouvons penser, il existe plusieurs types de crise d’épilepsies. Il est possible de les regrouper sous trois catégories : les crises focales, les crises généralisées et les crises d’origine inconnue.

 

Les crises focales

Les crises focales se déclenchent dans une partie ou dans un côté précis du cerveau. Elles peuvent être localisées (demeurer dans la même partie du cerveau tout au long de la crise) ou se propager à d’autres régions.

Tout dépendamment de la crise, la conscience de la personne peut être altérée (la personne n’est plus consciente de sa situation ou de son environnement) ou non. De plus, nous pouvons la caractériser de motrice (changements dans l’activité musculaire) ou de non-motrice (changements en ce qui a trait aux sens, au comportement, aux émotions ou au processus cognitif).

Les crises focales regroupent trois types d’épilepsie : les crises focales conscientesles crises focales avec conscience altérée et les crises tonico-cloniques focales à bilatérales.

 

Les crises généralisées  

Les crises généralisées touchent les deux côté du cerveau. Dans cette catégorie, la conscience de la personne est altérée. Le type de crise est plutôt déterminé par la présence ou l’abscence de symptômes moteurs.

Les crises généralisées regroupent deux types d’épilepsie : la crise tonico-clonique et l’absence généralisée.

 

Les crises d’origine inconnue

Les crises d’origine inconnue sont des crises, comme son nom l’indique, où il est impossible de déterminer clairement l’origine. La crise tonico-clonique peut être d’origine inconnue.

 

Regroupement des trois catégories

Certains types de crise peuvent à la fois être focales, généralisées ou d’origine inconnue. C’est la raison pour laquelle nous ne les associons pas à une catégorie particulière. C’est le cas, entre autres, de la crise atonique (focale ou généralisée), la crise tonique, la crise clonique et la crise myoclonique (focale ou généralisée).

 


 

Description des types de crises

La crise focale consciente (aussi appelée la crise partielle simple)
    • En moyenne, elle dure moins d’une minute ;
    • Comme son nom l’indique, la personne demeure consciente sur sa situation et sur son environnement lors de la crise. La personne garde son esprit alerte ;
    • Elle est surnommée l’aura puisqu’elle peut être le précurseur d’une crise plus grave (la crise focale consciente peut se transformer en crise tonico-clonique, par exemple) ;
    • La personne peut avoir une sensation de »déjà-vu » ;
    • La personne peut vivre des émotions intenses (comme un sentiment de colère ou de tristesse inexpliqué) ;
    • La personne peut vivre des expériences sensorielles (entendre des voix, sentir une odeur de brûlé…) ;
    • La crise peut entraîner des contractions musculaires d’un côté du corps ou des mouvements incontrôlables.
La crise focale avec conscience altérée (aussi appelée la crise partielle complexe)
    • En moyenne, elle dure entre quelques secondes et deux minutes ;
    • Comme son nom l’indique, la conscience de la personne est altérée, ce qui veut dire qu’elle n’est plus en mesure de comprendre sa situation et l’environnement qui l’entoure. Il y aura également une amnésie post-crise (la personne ne se souvient pas de ce qui s’est passé) ;
    • La personne éprouve de la difficulté à communiquer et est incapable de parler ;
    • La personne n’a aucune réaction, a le regard vide, semble perdue et peut se mettre à marmonner ;
    • La personne effectue des mouvements répétitifs, des automatismes (mastication, se lêcher les lèvres, manipulation du vêtement, marcher sans but…) ;
    • Après la crise, la personne peut être confuse ou fatiguée.
La crise tonico-clonique focale à bilatérale (aussi appelée la crise tonico-clinique secondairement généralisée)
    • En moyenne, elle dure moins de deux ou trois minutes ;
    • Au début, la crise se déclenche dans une partie précise du cerveau puis elle se propage aux deux côtés. C’est à ce moment que la personne perd conscience ;
    • Elle évolue en trois phases, comme la crise tonico-clonique généralisée ou d’origine inconnue (voir ci-dessous)
    • La personne garde très peu voire aucun souvenir d’avant la crise ;
    • Après la crise, la personne peut se sentir somnolente, être confuse, être agité ou alors être déprimé ;
    • Quelques minutes ou quelques heures après la crise, la personne ressentira le besoin de se reposer.
La crise tonico-clonique généralisée ou d’origine inconnue
    • En moyenne, elle dure de deux à cinq minutes ;
    • La personne perd conscience ;
    • La crise évolue en trois phases :
      1. Phase tonique :  Durant cette phase, la personne poussera un cri ou gémissement. Ensuite, la personne chutera ses muscles se raidiront. La respiration est difficile en raison du raidissement des muscles du tronc et du manque d’oxygène, la peau peut prendre une couleur bleue ou grise.
      2. Phase clonique : convulsions et contraction de l’ensemble des muscles du corps. Il peut y avoir salivation abondante, morsure de la langue et perte de contrôle de la vessie et/ou de l’intestin.
      3. Phase de récupération : arrêt des convulsions et la respiration reprend un rythme normal. La personne reste inconsciente pendant quelques minutes. Il peut y avoir confusion, fatigue et maux de tête quelques minutes, voir quelques heures après la crise.
L’absence généralisée
    • En moyenne, elle dure approximativement neuf secondes ;
    • Elle commence et se termine soudainement. La personne peut reprendre l’activité qu’elle était en train de faire quelques secondes plus tôt, comme si rien ne s’était passé.
    • Affaiblissement de la conscience ;
    • La personne a le regard vide ou fixe. À cause de cela, nous avons souvent l’impression que la personne est inattentive ou qu’elle est « dans la lune » ;
    • Il peut arriver que les paupières de la personne tremblent et que les yeux roulent vers le haut.
Crise atonique focale ou généralisée
    • Elle dure quelques secondes ;
    • Elle se caractérise par une chute soudaine ;
    • La personne perd sa maîtrise musculaire, ce qui cause la chute ;
    • La personne échappe les objets sans le vouloir ;
    • La personne incline la tête sans avoir le contrôle ;
    • Puisqu’il n’y a pas de signes précurseurs, les risques de blessures sont plus élevés.
Crise tonique
    • Elle dure quelques secondes à une minute ;
    • Les muscles de la personne se raidissent ;
    • La personne peut tomber à cause de la contraction des muscles (surtout si elle est debout).
Crise clonique
    • La personne se met à faire des mouvements saccadés rythmiques (comme la phase clonique dans la crise tonico-clonique généralisée ou d’origine inconnue), mais il s’agit de la seule caractéristique en commun avec la crise tonico-clonique ;
    • Survient  généralement avec une raideur musculaire.
Crise myoclonique focale ou généralisée
    • Elle dure d’une seconde à quelques secondes ;
    • Elle se caractérise par un mouvement soudain et involontaire d’un membre du corps (le bras ou la jambe, par exemple) ;
    • Parfois, certains mouvements peuvent être subtiles et ne seront pas visibles pour une autre personne ;
    • Chute possible.

Les crises épileptiques sont provoquées par une modification de l’activité électrique du cerveau. Les cellules cérébrales peuvent décharger des influx nerveux anormaux ou ne pas décharger d’influx électriques lorsqu’elles le devraient. Les crises épileptiques sont les manifestations physiques de ces décharges soudaines, brèves et spontanées. Une crise épileptique peut modifier le comportement, l’état de conscience, les mouvements, la perception et les sensations d’une personne.

 

Les facteurs qui peuvent déclencher une crises
  • La fatigue ;
  • Le stress ;
  • L’abus d’alcool et/ou de drogues ;
  • Des changements hormonaux ;
  • La photosensibilité (lumières qui clignotent) ;
  • L’ajustement ou le changement de médication ;
  • Et cetera.

Il existe plusieurs causes à l’épilepsie chez une personne. Les causes de l’épilepsie diffèrent d’une personne à l’autre : elles peuvent varier selon l’âge où les crises ont débuté et elles peuvent être d’origine génétique (présente dès la naissance de la personne) ou acquise.

 

Quelles sont les causes de l’épilepsie ?

  • La génétique ;
  • Un traumatisme à la naissance ;
  • Un traumatisme crânien ;
  • Une tumeur au cerveau ;
  • L’abus d’alcool ou de drogue ;
  • Une infection (méningite, SIDA, encéphalite…) ;
  • Attaque cardio-vasulaire (AVC) ;
  • Une hémorragie cérébrale ou des lésions cérébrales ;
  • Inconnue.

Les médicaments

La médication (les anticonvulsivants) aide approximativement 65% des personnes épileptiques à contrôler leur crise, c’est-à-dire les arrêter complétement ou diminuer leur fréquence. Dans 50% des cas, les crises d’épilepsie peuvent s’arrêter complètement. Les médicaments ne permettent pas de guérir de l’épilepsie.

Les anticonvulsivants peuvent provoquer des effets secondaires, tels que de la somnolence, une perte ou un gain de poids, des vertiges, des maux de tête, et cetera. Ainsi, il est important de discuter des effets secondaires possibles de la médication avec un médecin. De plus, il existe plusieurs types d’anticonvulsivants et chaque personne est différente. C’est pourquoi un type d’anticonvulsivant peut fonctionner pour une personne et non pour une autre. 

Si une personne épileptique désire arrêter sa médication, elle devra d’abord avoir l’approbation du médecin et devra le faire sous sa supervision.  

 

La chirurgie

Dans le cas où les anticonvulsivants ne fonctionneraient pas chez une personne épileptique et que sa condition de vie en est grandement affectée (10 à 20% des cas d’épilepsie), la chirurgie pourrait être recommandée. Avant de pouvoir faire le chirurgie, la personne épileptique devra passer plusieurs tests et devra faire une évaluation neurologique.

 

La stimulation du nerf vague

Si les médicaments ne fonctionnent pas et si la chirurgie ne peut pas être une option, alors le SNV (stimulation du nerf vague) pourrait être envisagé. Ce petit appareil situé à l’intérieur du thorax envoie des signaux électriques au cerveau par le biais du nerf vague gauche, un nerf que nous retrouvons dans notre cou. Ces impulsions électriques sont envoyés en intervalles fixes (cinq minutes) et permettent d’interrompre ou diminuer la fréquence des crises. Ce type de traitement fonctionnerait chez 50% des cas d’épilepsie.

 

Régime cétogène

Ce type de traitement est majoritairement utilisé auprès des enfants et  a été occasionnellement été utilisé auprès des adolescents et des adultes. Ce traitement consiste à changer l’alimentation de l’enfant : l’enfant mangera beaucoup d’aliments riches en graisses, pauvres en protéines et pauvres en glucides. Cependant, ce traitement doit être surveillé de prêt par un médecin puisque l’enfant ne reçoit pas tous les nutriments qu’il a besoin : c’est pourquoi certains enfants doivent prendre des suppléments alimentaires. La durée du régime varie habituellement entre deux et trois ans. 

En suivant ce régime, il est estimé que les crises ont complètement arrêté ou presque chez le tiers des enfants et que la fréquence des crises ont diminué chez un autre tiers.

 

Autres traitements

Bien évidemment, il existe d’autres traitements. Bien qu’ils ne soient pas approuvés scientifiquement parlant, certaines personnes épileptiques ont déclaré que ces autres méthodes ont été efficaces pour elles. Parmi ces méthodes, il y a le yoga, le massage thérapeuthique, l’acupuncture, la relaxation, la méditation…

Toutefois, ces traitements ne remplacent pas les traitements reconnus, c’est-à-dire la médication, la chirurgie, le SNV et le régime cétogène. Ces traitements doivent être complémentaires aux traitements reconnus et doivent idéalement faire l’objet d’une discussion avec votre médecin.

Quoi faire en cas de crise convulsive ?

  • Rester calme ;
  • Noter la durée de la crise ;
  • Rendre les lieux sécuritaires pour éviter que la personne se blesse ;
  • Relâcher ce qui serre le cou ;
  • Ne pas immobiliser la personne ;
  • Ne rien mettre dans sa bouche. La personne épileptique ne peut pas avaler sa langue ;
  • Tourner doucement la personne sur le coté tant que dure la crise convulsive ;
  • Après la crise, rassurer la personne.

 

Quoi faire en cas de crise non convulsive ?

  • Normalement, il n’y a pas de premiers soins requis si la personne demeure consciente ;
  • Demeurez avec la personne ;
  • Mettez les objets dangereux hors de portée ;
  • N’essayez pas d’immobiliser la personne ;
  • Empêcher la personne de s’approcher d’un danger potentiel ou bloquer l’accès aux escaliers ;
  • Vérifier si une chute a pu entraîner des blessures ;
  • Après la crise, rassurez la personne.

 

Quand devons-nous appeler l’ambulance ?

Si la personne est connue comme étant épileptique, si la crise n’offre pas de complication et si la crise est prévisible, il n’est pas nécessaire d’appeler l’ambulance. Par contre, il est important d’appeler l’ambulance dans les situations suivantes

  • La crise dure plus de cinq minutes ;
  • La personne ne reprend pas conscience ;
  • Il y a cyanose (coloration bleue ou grise de la peau) ;
  • La respiration est difficile pendant la crise et même après la fin de celle-ci ;
  • La deuxième crise survient sans retour à la normale après la première ;
  • La confusion suivant une crise persiste plus d’une heure ;
  • La crise survient dans l’eau (l’ingurgitation d’eau peut provoquer des problèmes cardiaques et respiratoires) ;
  • Il s’agit d’une première crise épilpetique chez la personne ;
  • La personne est blessée, enceinte, diabétique.
Est-ce que je peux travailler même si je fais de l’épilepsie ?

Oui. Cependant, il y a quelques emplois que les personnes épileptiques ne peuvent pas faire pour des raisons de sécurité (comme pilotes d’avion). Si vos crises ont de la difficulté à être maîtrisées et vous empêchent de garder un emploi stable, vous pouvez lancer votre propre entreprise ou faire du bénévolat, par exemple.

 

Est-ce que je peux avoir un permis de conduire si je fais de l’épilepsie ?

Oui, mais dans la mesure où les crises épileptiques sont maîtrisées. La personne épileptique doit attendre 6 à 12 mois après une crise avant de pouvoir conduire de nouveau et doit attendre les recommandations de son médecin. Aussi, si vous planifier un voyage à l’extérieur de la province, il est important de s’informer sur les différentes réglementations des autres provinces et territoires puisque celles-ci sont différentes du Québec.

 

Est-ce que je peux faire du sport si je fais de l’épilepsie ?

Oui, l’épilepsie ne cause aucun problème sur la pratique d’un sport. Le sport permet de diminuer votre stress, ce qui peut diminuer les chances qu’une crise se déclenche. Toutefois, il faut être plus vigilant avec certains sports, comme la plongée sous-marine, nager seul, le saut en parachute ou l’escalade. Ces sports peuvent être dangereux si une crise se déclenche pendant leur pratique.

 

Est-ce que je peux tomber enceinte même si je fais de l’épilepsie ?

Oui. Par contre, certains anticonvulsivants peuvent être néfastes pour le foetus. Il est important de s’informer auprès d’un professionnel de la santé afin qu’il puisse modifier pour médication au besoin. En outre, le bébé a légèrement plus de chances qu’un autre bébé d’être épileptique (6% comparativement à 1-2%).

Références

Alliance canadienne de l’épilepsie. (s.d.). « À propos de l’épilepsie' » (site web).

Edmonton Epilepsy Association. (2020). « Living with epilepsy ». Epilepsy Education Series.

Épilepsie Section Québec. (2021). « Journal de crises : 0-17 en trois temps (6-11 ans) ».

Épilepsie Section Québec. (2022). « Qu’est-ce que l’épilepsie ?' »(site web).